Et si un simple sourire pouvait dire bien plus que des mots ? À travers le visage souriant de Mgr Yawo Edmond Amékusé, Roger Folikoué, philosophe et universitaire, propose une réflexion qui dépasse largement le registre de l’esthétique. Sous la plume de l’intellectuel, ce geste quotidien devient une véritable fenêtre ouverte sur l’intériorité de l’homme, mais aussi sur sa relation à l’autre, à Dieu et au monde.
Dans son analyse, le sourire de l’évêque n’est pas seulement une expression du visage ni le résultat d’un contraste soigneusement souligné par l’image. Il devient le signe visible d’une réalité plus profonde. Derrière l’apparence se dessine ainsi une éthique de la rencontre : sourire, c’est accueillir, se rendre disponible, reconnaître la dignité de l’autre et lui faire comprendre qu’il a sa place dans ce monde.
Roger Folikoué va plus loin en inscrivant cette réflexion dans une perspective philosophique et théologique. Pour lui, le sourire peut devenir le lieu où l’intériorité se révèle et où la foi se traduit en actes. Il y voit une forme de décentrement de soi, une manière de laisser apparaître, à travers soi, une présence qui nous dépasse. Le sourire devient alors langage silencieux, témoignage sans discours et expression concrète d’une spiritualité tournée vers l’autre.
Cette lecture confère au sourire une dimension universelle. Au-delà des appartenances religieuses, ethniques ou politiques, il peut devenir un point de passage entre les hommes et les femmes, transformer les différences en espaces de rencontre et donner corps à une fraternité vécue au quotidien. Dans cette perspective, le sourire rejoint l’esprit de Fratelli tutti et traduit, sans déclaration solennelle, l’appel à considérer l’autre comme un frère ou une sœur.
À travers cette méditation, Roger Folikoué pose finalement une question à Mgr Yawo Edmond Amékusé : et si ce sourire, loin d’être un simple trait de personnalité, était l’expression la plus visible de sa devise et, peut-être, sa véritable « crosse » pastorale ? Une invitation à regarder autrement ce geste ordinaire qui, lorsqu’il procède d’une intériorité habitée par la foi, peut devenir un authentique instrument de paix, de fraternité et de Bonne Nouvelle.
LE SOURIRE, L’ EXTÉRIORITÉ
D’ UNE INTÉRIORITÉ
Qui peut rester indifférent à cette image avec le sourire de Mgr Yawo Edmond AMÉKUSÉ ?
Les logiciels de retouche ont certainement peaufiné les pixels pour faire ressortir la beauté de l’homme en noir avec le col romain et des dents blanches situés au milieu en laissant la place à la couleur noire aux deux extrémités, la tête avec les cheveux noirs et le buste en soutane noire.
Le contraste met ainsi en exergue la beauté du sourire.
Quelle esthétique !
Mais il ne s’ agit pas que d’ une question d’esthétique. Car, fondamentalement, il me semble que nous sommes en face d’une éthique enracinée dans une ontologie dé-voilée par une esthétique.
Et la relation, entre les trois, fait du sourire un élément extérieur révélant une profonde intériorité à la suite de la compréhension thérésienne qui fait du sourire offert un moyen de décentration de soi pour être le canal pour l’apparition d’une Transcendance.
Sourire ce n’ est pas faire semblant, c’est se rendre disponible à l’ autre et lui signifier qu’ il /elle est le bienvenu/ la bienvenue dans ce monde, une oeuvre divine.
C’ est une éthique mais plus qu’une éthique car, à la suite du Christ, il se fait un lieu de dé-voilement de Celui qui est plus grand que nous et qui est en nous et qui, par nous, veut aller à la rencontre de l’autre.
On peut penser ici aux paroles de cette belle prière attribuée à Saint François d’Assise :
« Seigneur, que tous ceux et toutes celles qui m’approchent sentent Ta Présence.
Revêts-moi de Ta Beauté et qu’ au long de ce jour, je Te révèle. »
Le sourire devient une éthique dans laquelle l’on se saisit comme un lieu théologique car il peut révéler celui dont on est revêtu.
Le signe extérieur du sourire devient l’attestation d’ une intériorité qui prend sa source dans la reconnaissance de sa relation intrinsèque à Dieu.
Le sourire fait alors de soi un mont Sinaï ambulant pour parler de l’Alliance de Dieu mais aussi un mont Thabor mobile qui soulage et apaise dans le double processus de purification et de transformation.
Et en ce sens le sourire franchit les portes d’ une église, il dépasse les contenus dogmatiques des différentes religions, il va au-delà des frontières ethniques, politiques et religieuses pour être une attitude d’ouverture pour échanger avec tous les hommes et toutes les femmes.
Il ne supprime pas les barrières mais, en les transformant en des points de passage, il instaure une fraternité dans la diversité reçue comme des dons de l’Unique Dieu qui est Notre Pere.
Le sourire devient incontestablement la traduction en acte de « Fratelli tutti » du Pape François.
Le sourire ne serait- il pas alors une forme de confession et de proclamation du Notre Père dans le quotidien ?
Père, que Ton Nom soit sanctifié.
Père, que Ton règne d’amour vienne.
Et avec le sourire, confession et proclamation non verbale ni dogmatique, de l’unique Paternité de Dieu, qui fait de nous des frères et des sœurs en Christ et par l’ Esprit, on vit la spiritualité paulinienne de « tout à tous ».
Ainsi le sourire n’est ni une posture ni un maquillage mais il est un moyen d’apporter la Bonne Nouvelle, Dieu t’aime, à chaque personne.
Mgr Yawo Edmond AMÉKUSÉ, et si le sourire était votre véritable crosse qui extériorise votre devise !
Roger la Joie de la Croix






