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Roger Folikoué met en lumière trois grands dangers existentiels

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Roger Folikoué signe une réflexion dense où se rencontrent philosophie, théologie et anthropologie pour relire l’Évangile de Matthieu (10, 37-42) à la lumière des grandes interrogations contemporaines. Plus qu’une méditation spirituelle, son texte apparaît comme une analyse existentielle de la condition humaine, invitant chacun à s’interroger sur ce qui occupe réellement la première place dans sa vie.

L’universitaire construit son raisonnement autour d’une idée centrale : Dieu est l’unique Présupposé absolu de l’existence. En empruntant un vocabulaire philosophique rarement mobilisé dans les commentaires bibliques, il rappelle que tout être humain est précédé par une chaîne de générations. Les parents sont les premiers présupposés de notre existence biologique, mais ils demeurent eux-mêmes dépendants d’une origine plus fondamentale. Cette remontée vers la source conduit inévitablement, selon lui, à Dieu, seul fondement ultime de l’être.

À partir de cette affirmation, Roger Folikoué met en lumière trois grands dangers existentiels qui menacent l’homme moderne.

Le premier est celui de l’absolutisation des liens humains. Aimer ses parents, les respecter et leur être reconnaissant constitue une exigence naturelle. Cependant, transformer les relations familiales en absolu revient à substituer la créature au Créateur. En convoquant le célèbre mythe de la caverne de Platon, le philosophe montre que l’homme peut facilement prendre l’ombre pour la réalité, confondant ce qui est relatif avec ce qui est absolu. Pour lui, le rappel du Christ est avant tout un appel à remettre les valeurs dans leur juste hiérarchie.

Le deuxième danger concerne l’idolâtrie des œuvres humaines. Dans une époque fascinée par les prouesses scientifiques, les innovations technologiques et la réussite personnelle, Roger Folikoué observe une tentation universelle : celle d’élever ses créations, ses richesses, ses talents ou même ses propres enfants au rang d’idoles. L’auteur ne condamne ni le progrès ni la réussite ; il met en garde contre leur absolutisation. Lorsque l’homme fait de son intelligence, de son patrimoine ou de son pouvoir son ultime référence, il oublie leur caractère fragile et éphémère. La sagesse biblique de Qohélet – « Vanité des vanités » – retrouve alors toute son actualité.

Cette critique dépasse le cadre religieux pour rejoindre une réflexion philosophique sur la finitude humaine. Malgré ses performances et ses conquêtes, l’homme demeure un être limité. Oublier cette vérité, estime Roger Folikoué, constitue l’une des plus grandes illusions de la modernité.

Enfin, le troisième enseignement du texte se concentre sur la croix comme chemin de croissance humaine. L’auteur s’éloigne ici d’une interprétation exclusivement confessionnelle pour proposer une lecture universelle du message du Christ. Porter sa croix ne signifie pas rechercher la souffrance pour elle-même, mais accepter les exigences du don de soi, du dépassement personnel et du renoncement à l’égocentrisme.

C’est sans doute dans cette partie que la réflexion atteint sa portée la plus universelle. Selon Roger Folikoué, une existence véritablement accomplie ne se construit pas dans l’accumulation, la domination ou la recherche de soi, mais dans la capacité à se donner aux autres. Cette logique du don apparaît comme l’antidote aux dérives individualistes qui caractérisent de nombreuses sociétés contemporaines.

L’universitaire conclut son analyse par une anthropologie profondément optimiste. L’homme est un « Homo capax », un être capable de créer, d’aimer et de transformer le monde. Mais cette capacité ne trouve son véritable accomplissement qu’en demeurant reliée à sa Source. À travers cette image du « Générateur Source », Roger Folikoué rappelle que toute puissance humaine perd son sens lorsqu’elle se coupe de l’Amour, présenté comme le fondement ultime de toute existence.

Par cette réflexion, Roger Folikoué propose une lecture exigeante de l’Évangile qui dépasse largement le commentaire biblique. Son texte interpelle croyants et non-croyants sur les nouvelles formes d’idolâtrie qui traversent notre époque : le culte de la famille, de la réussite, de la richesse, de la technologie ou encore du moi. Dans une société où l’homme tend souvent à se proclamer maître absolu de son destin, le philosophe invite à retrouver le sens de la limite, de la gratitude et du don de soi. Une pensée qui conjugue rigueur philosophique, profondeur théologique et questionnement sur les défis majeurs de l’existence humaine.

L’intégralité de la réflexion à découvrir👇👇

L’ ABSOLUITÉ DE DIEU EN FACE DE TROIS GRANDS DANGERS EXISTENTIELS

Tout être humain qui existe dans ce monde a ses géniteurs. Au plan biologique tout comme au plan métaphysique, on peut affirmer, sans aucun doute, que nos géniteurs ou nos parents sont nos présupposés.

Il y a ainsi un rapport d’antériorité qui nous relie à eux et qui exige le respect. Et, dans les conditions normales, cela crée une relation affective.
Il est alors de toute évidence, et c’est une loi de la nature, que nos parents sont nos présupposés.

Mais le premier danger que nous rappelle le passage de Mt 10, 37-42 est que nos parents ne sont pas des présupposés absolus car eux aussi ont leurs présupposés.

Dieu se pose comme Le Présupposé Absolu, car Il est la Raison d’être de tout.

Je peux ne pas connaître mes arrières , arrières grands-parents, mais le fait de ne pas les connaître ne supprime pas leur existence.
Ainsi aimer ses parents, ses géniteurs et tous ceux qui jouent ces rôles pour nous c’est bien, c’est recommandé car souhaitable mais les prendre pour Dieu, c’ est prendre l’ombre pour la réalité ( cf le mythe de la caverne de Platon).
C’ est alors la première indignité proclamée par le Christ.
Ce passage nous rappelle une exigence de la vie: Mettre Dieu à la première place est un acte de Reconnaissance.

Quelle que soit notre puissance, sur tous les plans, nous demeurons des êtres finis et limités. Oublier cela est le premier danger existentiel indépendamment de nos religions.

Ensuite, nous faisons tous et toutes l’expérience de nos nombreuses et immenses capacités. Nous sommes des inventeurs, des inventrices, et ainsi l’être humain n’ a cessé d’imaginer, de créer. Et cette puissance se déploie plus encore dans notre monde moderne.

Nous sommes même parfois en admiration devant les différentes prouesses technologiques. C’est super mais ….
Nos progénitures comme toutes les œuvres que nous réalisons et qui nous accordent, à juste titre, des raisons de gloire et de fierté, peuvent devenir pour nous des veaux d’ or. N’ est-ce pas cela l’idolâtrie ?

Aimer plus son fils ou sa fille , n’est pas une simple affaire de transmission de vie mais c’est prendre tout ce qui vient de nous pour notre Dieu.

Quand nous prenons nos créations, nos inventions, nos talents et nos charismes, qui nous confèrent une certaine prestance, pour Dieu, nous sommes sur la dangereuse piste de la deuxième tentation existentielle.

Faire de nos propres créations notre Dieu, c’est oublier l’éphémérité de notre monde. C’est aussi ne plus se souvenir du principe de sagesse de Qohélet : Vanité des vanités.

Aimer plus son fils ou sa fille n’ est plus uniquement une affaire biologique mais une tentation qui nous guette tous : prendre notre avoir, nos richesses, nos créations comme notre Dieu.

La tentation de l’inversion des Valeurs n’est- elle pas une tentation quotidienne?

Le rappel du Christ , nul ne peut servir Dieu et l’argent ne serait-il pas du même ordre?

La reconnaissance de l’ ABSOLUITÉ de Dieu n’est pas facultative.

Après avoir réaffirmé ces deux choses et nous mettre en garde contre deux graves dangers, Jésus, comme un guide , nous indique le chemin de notre croissance: prendre sa croix.

Il y a ici quelque chose de paradoxal. Personne n’aime la croix mais Jésus nous dit que prendre sa croix est le chemin de la vie.On peut croire que cela ne concerne que ceux et celles qui se réclament du Christ et pourtant ce qui est dit concerne tout être humain. Et il me semble que c’est ce qu’il fait en rappelant le principe de  » celui ou celle qui veut conserver sa vie la perdra mais celui ou celle qui donne sa vie la gagnera ». Jésus, comme Maître spirituel, donne à chacun et à chacune la clé de la réussite : le don de soi.

N’ est-ce pas cela la croix à laquelle aucune vie humaine ne pourra échapper?

Une vie réussie et épanouie est une vie donnée et cela exige de nous, non pas le refus de la recherche des biens de ce monde et des intérêts, mais de ne pas vouloir nous prendre pour et de vouloir tout ramener à nous. Nous ne sommes pas le centre du monde.

Lutter contre l’égocentrisme est une croix à porter et c’est le chemin qui conduit à la vie qui est relation intrinsèque avec les autres et avec l’Autre.

Dieu est Dieu et le reconnaître c’est se découvrir, dans le monde, comme un Homo capax ( un être capable de) qui doit être branché sur le Générateur Source pour briller et comme cette Source est Amour, les traces de l’ Amour sont en nous et nous sommes invités au don de nous-mêmes.

Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE

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