Au Togo, une vaste opération d’assainissement de l’administration publique vient de conduire au licenciement définitif de plus de cinquante fonctionnaires, conformément à l’arrêté n°1010/PC/MFPTDS/SG signé par le ministre de la Fonction publique.
Cette décision intervient dans un contexte de renforcement du contrôle étatique, depuis le rattachement du ministère de la Fonction publique à la Présidence du Conseil dirigée par Faure Gnassingbé.
L’enquête administrative à l’origine des sanctions révèle une ampleur inédite des irrégularités constatées au sein de l’appareil public. Les agents radiés présentent des profils variés : certains totalisaient plus de vingt années de service dans différents ministères, tandis que d’autres avaient intégré récemment la fonction publique grâce à des procédures frauduleuses.
Selon le rapport d’inspection, plusieurs infractions graves ont été retenues contre les fonctionnaires concernés. Les autorités évoquent notamment des falsifications de documents administratifs, l’usage de faux diplômes lors des recrutements ou concours, ainsi que des manipulations liées aux avancements et aux signatures administratives. Certains agents auraient ainsi bénéficié illégalement de grades et d’avantages salariaux obtenus sur la base d’actes fictifs.
Cette vague de radiations traduit une nouvelle ligne de fermeté au sommet de l’État togolais. L’ancienneté ou le rang hiérarchique ne semblent plus constituer une protection face aux manquements aux règles administratives.
Sur le plan juridique, les sanctions s’appuient sur l’article 133 de la loi n°2013-002 du 21 janvier 2013 portant statut général de la fonction publique togolaise, ainsi que sur le décret n°2015-120/PR relatif aux procédures disciplinaires. Cette offensive administrative s’inscrit également dans la dynamique institutionnelle de la Ve République, marquée par une centralisation accrue des organes de contrôle sous l’autorité de la Présidence du Conseil.





