L’Institut Panafricain pour la Réhabilitation Alternative (IPRA) et le Mouvement Martin Luther King ont réagi avec fermeté à l’annonce d’un plan d’investissement de plus d’un milliard d’euros au Kenya par le président français Emmanuel Macron.
Dans un communiqué conjoint, les deux organisations qualifient cette initiative de « trompe-l’œil » et de « déjà vu », estimant qu’elle s’inscrit dans une continuité historique de relations économiques déséquilibrées entre l’Afrique et ses partenaires extérieurs.
Selon le texte, depuis 1885, les politiques d’investissements occidentaux sur le continent auraient contribué à la mise en place de frontières artificielles, à l’implantation de bases militaires étrangères, à la domination des multinationales et à l’exportation systématique des ressources africaines à l’état brut.
Dans cette logique critique, l’IPRA et le MMLK posent trois interrogations majeures aux autorités kényanes et françaises :
- À qui appartiendront les actifs créés dans dix ans ?
- Qui assurera la formation et l’emploi des compétences locales ?
- Et dans quelle monnaie les financements seront-ils remboursés ?
Pour les deux organisations, sans réponses claires et juridiquement contraignantes, ce type de partenariat risque de perpétuer une logique de dépendance plutôt que de renforcer la souveraineté économique des États africains.
Le communiqué annonce également une initiative symbolique et politique majeure : le 28 mai 2026 à Lomé, la tenue du « Serment du Berceau », présenté comme un acte de rupture avec l’héritage de la Conférence de Berlin de 1885 et un engagement en faveur d’une Afrique pleinement souveraine.
Enfin, l’IPRA et le MMLK appellent la jeunesse africaine, les organisations de la société civile et les parlements nationaux à exiger davantage de transparence dans les accords économiques et à soutenir la création d’un Fonds Souverain Africain destiné à financer le développement du continent par ses propres ressources.





