Le message du président de la Cour suprême, Abdoulaye Yaya, adressé aux nouveaux auditeurs de justice, se veut clair, ferme et empreint de moralité. En rappelant que « l’on ne vient pas à la justice pour s’enrichir », le haut magistrat a insisté sur la rigueur éthique et la dimension presque sacrée de la fonction judiciaire, appelant les jeunes professionnels à privilégier l’intégrité plutôt que les gains matériels.
Un discours salué pour sa franchise, mais qui, dans le contexte actuel, apparaît pour certains observateurs comme « de l’eau versée sur le dos du canard ». Autrement dit, des paroles fortes qui peinent à produire un réel impact face aux réalités du terrain.
En effet, une partie de l’opinion publique estime que l’institution judiciaire togolaise souffre encore de profondes insuffisances, alimentant un climat de méfiance généralisée. Certains citoyens, sans généraliser, évoquent des perceptions de lenteurs, d’inégalités de traitement et parfois même de pratiques discutables à différents niveaux de la chaîne judiciaire.
Dans ce contexte, les appels à la probité, aussi sincères soient-ils, semblent parfois se heurter à une défiance déjà installée. Pour beaucoup, la restauration de la confiance ne pourra pas reposer uniquement sur les discours, mais également sur des actes concrets, visibles et durables.
En attendant, au-delà des réformes institutionnelles, certains estiment que seuls la conscience individuelle des acteurs et un renforcement profond de l’éducation civique et morale pourraient encore jouer un rôle déterminant dans la reconstruction de cette confiance fragilisée envers la justice.
Le défenseur






