N°0119/ HAAC/02-2024/pl/p
30.1 C
Lomé
samedi, avril 4, 2026
N°0119/ HAAC/02-2024/pl/p

Résurrection : la lecture audacieuse de Roger Folikoué à la veille de Pâques

AccueilNon classéRésurrection : la lecture audacieuse de Roger Folikoué à la veille de...
spot_img
spot_img

À la veille de la célébration de Pâques, prévue ce dimanche 5 avril 2026, les chrétiens du monde entier s’apprêtent à commémorer le cœur même de leur foi. La fête de Pâques est la plus importante pour les chrétiens. Elle célèbre la Résurrection du Christ, sa victoire sur la mort qui est l’élément central de la foi chrétienne. Dans ce contexte spirituel intense, les réflexions de Roger Folikoué, philosophe et auteur du texte « De la géothermie à la vie », offrent une lecture profonde et originale du mystère pascal.

S’appuyant sur l’épisode de la mise au tombeau de Jésus, tel que rapporté notamment dans l’Évangile, l’auteur propose une méditation dense où la mort n’est plus perçue comme une fin, mais comme un passage. Pour lui, le Christ, déposé « dans les profondeurs de la terre », rejoint pleinement la condition humaine. Ce geste, loin d’être anodin, fait écho au cri du psaume — une humanité en quête de sens, tendue vers l’infini.

Dans cette descente symbolique, Roger Folikoué souligne une vérité fondamentale : Dieu ne se tient pas à distance de l’homme face à la mort. Au contraire, en Jésus-Christ, il devient Emmanuel, « Dieu-avec-nous », y compris dans les ténèbres les plus profondes. Une présence qui dépasse les représentations traditionnelles de divinités abandonnant l’homme à sa finitude.

L’analyse se prolonge dans une comparaison saisissante entre les cycles naturels. Là où l’Occident connaît l’hiver, symbole apparent de mort avant le renouveau printanier, l’Afrique, selon l’auteur, incarne un « printemps permanent », signe d’une vie continue. Pâques devient ainsi universelle : elle célèbre la vie qui renaît, partout et toujours, sous des formes diverses mais convergentes.

Dans une approche audacieuse, le philosophe introduit la notion de géothermie comme métaphore. Enfouie dans les profondeurs, cette énergie invisible mais puissante devient image du Christ lui-même : une source vitale, renouvelable, capable de transformer l’existence humaine. La mort du Christ ne serait donc pas un échec, mais une réserve d’énergie spirituelle prête à jaillir dans la Résurrection.

Le cadre du tombeau, situé dans un jardin, renvoie également au jardin d’Éden, symbole des origines et de la présence constante de Dieu dans la création. À travers cette image, Roger Folikoué invite à repenser la relation entre foi et cultures. Il pose une question essentielle : suivre le Christ implique-t-il de renier ses traditions ? Sa réponse est nuancée : il ne s’agit pas de rejeter, mais de discerner, dans une dynamique d’inculturation respectueuse et exigeante.

Enfin, l’auteur met en lumière la richesse du samedi saint, souvent perçu comme un simple temps de transition. Il en fait un moment fondamental : celui du silence, de l’attente, de la rencontre intérieure avec Dieu. Une posture spirituelle appelée à devenir permanente dans la vie du croyant.

C’est dans cet esprit qu’il conclut son texte par une note de communion : avec les natifs du samedi, Ameyo et Komi, symboles d’une humanité unie dans l’attente et l’espérance. Une manière d’ancrer la réflexion théologique dans le vécu quotidien, culturel et communautaire.

À travers cette méditation, Roger Folikoué offre bien plus qu’une lecture du récit biblique : une invitation à redécouvrir, au cœur du silence et de la profondeur, la puissance discrète mais inépuisable de la vie.

Découvrez l’intégralité de la méditation 👇


DE LA GÉOTHERMIE À LA VIE

Après sa mort, Jésus est déposé dans un tombeau neuf, creusé dans un jardin, tout près du Golgotha (cf. Jean 19, 38-42).
Un lieu de silence… un lieu d’apparente fin… mais aussi un lieu chargé de mystère et d’espérance.

Que nous révèle cette sépulture ?
D’abord, Jésus descend dans les profondeurs de la terre.
Comme tout être humain confié à la terre, Il rejoint pleinement notre condition.
Là, dans ce silence dense, résonne le cri du psaume :
« Des profondeurs, je crie vers toi Seigneur » (Ps 129).
Dans ce cri, Jésus porte celui de toute l’humanité.
Il assume notre finitude, notre fragilité, notre quête de l’infini.
Et ce cri venu des profondeurs… ne rappelle-t-il pas celui du nouveau-né à son entrée dans la vie ?

Comme si la mort elle-même portait déjà en germe une naissance.
Oui, Dieu est avec nous — même dans les profondeurs.

« Même si je traverse les ravins de la mort, tu es avec moi » (Ps 23).
Ainsi, l’« avec » de Dieu n’est pas passager :
c’est une vérité profonde de notre existence.
Dieu ne nous abandonne pas à la mort.
Il y demeure avec nous.
N’est-ce pas là toute la force du nom Emmanuel — Dieu-avec-nous, Mawuliplimi ?
Ensuite, le tombeau semble dire : tout est fini.
Mais est-ce vraiment la fin ?
En observant la nature, une lumière surgit.
En Occident, l’hiver donne l’impression que tout meurt…
mais le printemps fait éclater la vie.
En Afrique, au contraire, la nature demeure vivante, constante, comme un printemps permanent.

Deux visions, mais une même vérité :
la vie ne disparaît jamais totalement.
Ainsi, Pâques, célébrée au printemps en Occident,
rejoint en Afrique une symbolique encore plus forte :
celle d’une vie qui ne s’éteint pas.
Alors, le tombeau devient un symbole puissant :
non pas un échec,
mais une source cachée de vie,
comme la géothermie.
La géothermie, cette énergie invisible des profondeurs,
est une énergie vitale, renouvelable, féconde.
Et si Jésus-Christ était pour nous
cette Source profonde,
cette énergie divine,
toujours disponible,
toujours vivifiante ?

Enfin, le tombeau est situé dans un jardin.
Comment ne pas penser au jardin d’Éden ?

Dieu est présent là où la vie commence…
et là où elle semble s’achever.
Même dans la mort, Dieu continue d’habiter notre histoire.

La sépulture de Jésus respecte aussi les coutumes juives.
Un détail essentiel :
Dieu n’efface pas les cultures, Il les assume et les élève.
Cela pose une question fondamentale :
suivre le Christ, est-ce renier nos traditions ?
Non.

Mais cela demande un discernement :
purifier sans détruire,
élever sans mépriser.

C’est tout l’enjeu de l’inculturation.
Autour du tombeau, il y a des témoins :
Joseph d’Arimathie, Nicodème, Marie Madeleine… et d’autres.
Silencieux aujourd’hui…
mais bientôt porteurs de la Bonne Nouvelle.
Et nous ?
Et si le silence du Samedi Saint devenait pour nous :
un lieu de rencontre avec Dieu,
un espace intérieur de transformation,
une attitude quotidienne ?
Le Samedi Saint n’est pas seulement un jour entre la mort et la résurrection.
C’est une école de foi.

Apprendre à attendre.
Apprendre à espérer.
Apprendre à demeurer avec Dieu, même dans le silence.

En communion avec tous les natifs du samedi : Ameyo, Komi

Roger, la Joie de la Croix FOLIKOUE

spot_img

Articles Récents

Publicité

spot_img

Etiquettes

Publicité

spot_img

Communauté WhatsApp

spot_img

Rubriques

Articles Similaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici