Dans un monde où l’autorité est souvent confondue avec l’abus de pouvoir, le livre de Max-Savi Carmel, « Mgr Nicodème Barrigah-Benissan. De l’Évangile à la politique », propose un éclairage unique sur une figure d’exception : prélat, artiste et citoyen engagé.
À travers cet ouvrage, l’auteur nous plonge dans le parcours singulier de Mgr Barrigah, né à Ouagadougou, où l’intégrité et le service définissent l’homme autant que le politique ou le religieux. Ici, l’autorité n’est pas un outil de domination, mais un lieu de révélation et de croissance pour les communautés, ecclésiales et politiques.
L’ouvrage met en lumière comment Mgr Barrigah incarne une politique de proximité inspirée par l’Évangile, faisant de chaque geste et de chaque parole un instrument de paix et de réconciliation. Sa devise, Beati Pacifici, se révèle alors comme le fil conducteur de sa vie : « heureux les artisans de paix ». Loin de séparer le spirituel et le politique, il démontre que l’engagement chrétien peut guider l’action publique vers le vivre-ensemble, la justice et la reconnaissance de la dignité de chaque individu.
Roger Folikoue, philosophe et observateur, souligne combien cette figure est prophétique : Mgr Barrigah, par son ministère et sa diplomatie de proximité, transforme le service en Bonne Nouvelle, invitant chacun à devenir artisan de paix. Les chants, la diplomatie, l’autorité en service, tout concourt à faire de lui un modèle de leadership éthique et inspirant pour le Togo et l’Afrique.
À travers ce livre, le lecteur ne découvre pas seulement un prélat ou un homme politique : il entre dans l’intimité d’un être politique et ecclésial, guidé par une loi d’amour qui transforme la société. Une œuvre qui, au-delà de l’hommage, devient un manuel de vie pour quiconque souhaite comprendre le vrai sens de l’autorité et de la responsabilité au service des autres.
L’intégralité de l’hommage du professeur Roger Folikoue
Si, « Crise d’ autorité, abus de pouvoir » est un livre d’ une autorité en service qui, tout en se questionnant, rétablit le vrai sens de l’ autorité dans les communautés ecclésiale et politique,
Si « Vivre, c’est accepter » peut être pris comme un livre de partage d’expérience pour accompagner tout être humain dans le quotidien existentiel avec les questions frontières,
Le livre de Max-Savi Carmel, « Mgr Nicodème Barrigah- Benissan.De l’Évangile à la politique » apparaît comme celui qui donne une clé de compréhension du prélat mais aussi de l’homme Nicodème tout court.
Car l’artiste, le diplomate, le prélat parle, comme tout être humain, à partir d’un lieu. Et ce lieu dit quelque chose de son identité (origines, cadre familial, parcours etc), de ses convictions, de ses projections, de sa trajectoire.
De l’ Évangile à la politique ne dévoile- t- il pas ce lieu mieux ces lieux?
Mais de l’ Évangile à la politique ne présuppose-t- il pas une bonne compréhension de l’être politique de l’auteur (cf. une ses vidéos sur le politique et la politique) pour qui l’Évangile est une parole féconde pour le vivre ensemble?
De l’ Évangile à la politique ne serait ni une trahison ni un passage d’ un état à un autre mais au contraire une Exigence éthique pour le politique et une Loi d’amour à mettre en œuvre par une politique ( cf Fratelli Tutti du Pape François) pour la réalisation de tout homme et de toute femme dans l’espace politique
De l’ Évangile à la politique ne signifie pas alors un passage ni encore moins un changement de statut qui ferait passer Nicodème Barrigah du prélat à un homme, politicien mais invite à la saisie de Mgr Barrigah à la fois comme un agent pastoral et un citoyen engagé parce qu’il est essentiellement un être politique.
Quand l’ être politique est saisi comme le présupposé du statut du clerc et d’ ailleurs de tous les autres et que l’on a compris que Dieu est l’ auteur de notre être politique, on peut, tout en évitant les confusions de rôles, se découvrir comme un messager de la Parole qui vient d’ ailleurs pour un mieux vivre ensemble dans l’harmonie des différences.
L’être politique (Aristote) et l’être ecclésial (John Zizioulas) ont alors quelque chose en commun : la singularité pluriel comme présupposé. Cela conduit, ipso facto, à un vivre-ensemble à organiser (la politique).
Sans renoncer à son statut d’ être politique, Mgr Barrigah assume, comme un levain dans la pâte, son statut d’être ecclésial
Et à la suite de son Maître, le Christ, il a opté pour une politique qui relève chacun et chacune par une gouvernance basée sur le sens de l’autorité-service, la diaconie.
Le service n’ est plus une modalité passagère de l’autorité mais son lieu de dé-voilement.
N’est-ce pas une Bonne Nouvelle quand on découvre et vit l’autorité comme une instance qui permet à chacun et à chacune de grandir?
Ce type d’ autorité (donner sa vie pour les autres cf. le lavement des pieds) devient une Bonne Nouvelle pour les communautés politiques et pour les communautés ecclésiales.
Mgr Nicodème Barrigah, pasteur et surtout témoin de cette Bonne Nouvelle est saisi dans sa dimension historique dans ce livre où il est aussi l’artiste qui touche les cœurs par ses chants (cf. La paix commence) et le porteur d’ une diplomatie de proximité qui traduit à chacun et à chacune la parole prophétique d’ Isaïe : « Tu as du prix à mes yeux et Je t’ aime. » ( Is 43, 4).
Si « la politique est une manière exigeante de vivre l’engagement chrétien au service des autres » ( Paul VI), alors évangéliser la politique c’est mettre la loi de l’amour dans l’action d’organiser le vivre ensemble. Une loi d’amour qui fait de la reconnaissance de la dignité de chaque être humain et de ses droits , la pierre angulaire de l’édifice à bâtir.
N’ est- ce pas ce qui pourrait justifier la devise BEATI PACIFICI de Mgr Nicodème Anani BARRIGAH- BENISSAN qui était au milieu de nous comme celui qui servait?
À un moment où l’autorité se manifeste plus par l’abus de pouvoir, celui qui est né à Ouagadougou, pays des Hommes intègres, nous est proposé, dans le livre de Max-Savi Carmel, comme une figure d’artisan de paix qui a pour outil fondamental le désarment de nos paroles, de nos gestes et surtout de notre mentalité.
Et si c’était pour cela qu’il était, de façon prophétique, choisi pour être le responsable de la CVJR?
Alors désarmer ses représentations en accueillant le regard d’amour de Dieu (Mawu) qui apaise et guérit les blessures serait une façon de devenir nous aussi, à la suite de Mgr Barrigah, des artisans de paix pour une ère nouvelle au Togo et en Afrique.
(Ekoué Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE)






