Dans un récit à la fois satirique et percutant, Sika journal, qui a relayé l’information, dresse le portrait d’un leader de l’opposition togolaise présenté comme un véritable “agitateur culturel” en Roumanie.
Selon l’article signé Gnimdéwa Atakpama, figure politique connue au Togo pour ses positions critiques au sein du Parti des Togolais et de la Coalition C14, serait à l’origine d’un phénomène inédit dans la ville universitaire de Cluj-Napoca.
Tout commence dans un établissement scolaire, où sa simple prise de parole aurait captivé des élèves pourtant réputés peu attentifs. Témoignages à l’appui, des enseignants décrivent une scène inhabituelle : téléphones posés, regards concentrés, écoute religieuse. Rapidement, les conséquences prennent une tournure que l’article relate avec ironie : des élèves en quête d’ouvrages d’auteurs africains, d’autres rêvant de devenir conteurs, et même un adolescent désireux de rencontrer des griots en Afrique.

L’onde de choc ne s’arrête pas là. À la faculté des lettres d’une université de Cluj, l’opposant aurait soutenu que la littérature africaine préexistait aux récits européens écrits, suscitant un vif intérêt chez les étudiants. Plus encore, ses interventions sur la démocratie au Togo auraient éveillé la curiosité d’un public jusque-là peu informé sur ce pays d’Afrique de l’Ouest, ouvrant un débat inattendu sur les fragilités démocratiques en Europe.
Le 26 février, l’Institut français de Roumanie aurait même organisé en urgence une rencontre autour de la lecture et de l’écriture. Salle comble, discussions prolongées, participants décidés à lire davantage : autant d’éléments décrits comme les “symptômes” d’un bouleversement culturel. Une seconde rencontre consacrée au doute et à la désinformation aurait accentué cette dynamique critique, poussant certains citoyens à remettre en question des informations autrefois acceptées sans débat.
Le récit prend une dimension encore plus mordante lorsqu’il évoque les enfants, désormais friands d’histoires africaines à l’heure du coucher, inventant eux-mêmes des récits et interrogeant leurs parents sur les traditions narratives. Une “circulation des imaginaires” qui, selon le ton volontairement alarmiste du texte, perturberait la quiétude culturelle locale.
En filigrane, l’article laisse entrevoir une lecture politique : une éventuelle condamnation en Roumanie ferait, selon l’auteur, le bonheur du régime togolais, longtemps critique à l’égard de cet opposant qualifié de “fauteur de troubles”.
À travers une plume incisive et satirique, Sika journal met ainsi en scène une affaire qui dépasse le simple fait divers pour interroger, avec ironie, le pouvoir des mots, de la littérature et des idées dans les sociétés contemporaines.






