Trois ans après la disparition de NASSINI Gado Tchaïsso, figure emblématique de l’entrepreneuriat togolais, la succession du fondateur des hôtels Hôtels Concorde continue de diviser la famille. Décédé le 9 janvier 2023, celui que beaucoup considéraient comme un bâtisseur parti de rien laisse derrière lui un empire structuré autour de la Galerie La Concorde SARL et du Centre commercial Polyvalent SARL.
Aujourd’hui, le nom de feu Gado Tchaïsso, respecté à Lomé comme à Kara, se retrouve au cœur d’un imbroglio judiciaire opposant ses héritiers.
Dividendes bloqués et procédures en suspens
L’un des fils du défunt, NASSINI Edik, associé à hauteur de 25 % dans trois sociétés du groupe, affirme être privé de ses dividendes et de ses droits sociaux depuis trois ans. Il met en cause sa mère, PAYAKELE Bérèkissou, qu’il accuse d’initiatives arbitraires contraires au droit commercial et pénal en vigueur au Togo et dans l’espace UEMOA.
Malgré plusieurs procédures engagées, l’affaire semble s’enliser. Selon l’intéressé, des dossiers en référé et au fond devant la Cour d’appel de Lomé n’ont toujours pas été vidés, tandis que d’autres plaintes déposées au parquet seraient restées sans suite.
Une lettre au ministre de la Justice
Le 2 février 2026, NASSINI Edik a officiellement saisi le Garde des Sceaux, Pacôme Yawovi Adjourouvi, ministre de la Justice et des Droits humains. Dans sa correspondance intitulée « Relance au vu de faits nouveaux », il dénonce ce qu’il qualifie d’« ordre illégal » émanant de l’administration judiciaire, qui aurait conduit au rejet de nouvelles procédures et à la suspension de celles déjà pendantes.
Il évoque également l’inaction présumée de certaines autorités judiciaires, des retards répétés dans le traitement de ses dossiers, ainsi que des manœuvres qu’il impute notamment au notaire BAMAZE Akilam, contre qui il dit avoir porté plainte.
Dans sa lettre, il sollicite :
- la suspension de l’ordre qu’il estime illégal ;
- des sanctions disciplinaires contre les magistrats et auxiliaires de justice concernés ;
- une accélération des procédures afin de garantir l’équité.
Une affaire à fort enjeu symbolique
Au-delà du conflit familial, ce dossier touche à l’héritage d’un homme dont le nom reste profondément ancré dans l’opinion publique togolaise. Feu Gado Tchaïsso incarnait la réussite entrepreneuriale nationale, notamment à travers les hôtels Concorde et ses activités dans le commerce de matériaux de construction.
Les accusations portées sont graves et interpellent : y a-t-il réellement dysfonctionnement au sein de l’appareil judiciaire ? L’administration concernée apportera-t-elle des clarifications ?
Nous reviendrons prochainement sur le fond du dossier, afin d’examiner les faits, les décisions de justice et les positions des différentes parties, dans un souci d’équilibre et de vérité.
À suivre…
Le défenseur






