L’Alliance nationale pour le changement (ANC) ressort la tirelire. Officiellement, il s’agit de financer la mobilisation pour l’alternance. Officieusement, la question brûle les lèvres : qui reste-t-il encore pour cotiser ?
Jean-Pierre Fabre a lancé un nouvel appel aux militants, sympathisants et membres de la diaspora. Le message est clair : sans moyens financiers, pas de combat politique. Une évidence. Mais dans le cas de l’ANC, l’exercice ressemble davantage à une opération de survie qu’à une démonstration de force.
Le parti annonce fièrement une première collecte de 620 000 FCFA. Un montant présenté comme encourageant. Pourtant, à l’échelle d’une formation qui ambitionne de gouverner un pays, la somme interroge plus qu’elle ne rassure. Est-ce le signe d’un nouvel élan… ou le reflet d’une base militante essoufflée ?
Car l’ANC n’est plus l’ombre du mouvement populaire qu’elle prétend incarner. Les dernières orientations stratégiques, notamment la participation contestée aux élections municipales, ont laissé des cicatrices profondes. Des militants historiques ont pris leurs distances. D’autres, désabusés, observent désormais en silence. La ferveur d’antan s’est dissipée, et avec elle, une part de la crédibilité politique du parti.
Dès lors, cette quête soulève une interrogation légitime : s’agit-il de financer l’alternance… ou de maintenir à flot un appareil politique en perte de vitesse ? Dans un contexte où la confiance se gagne difficilement et se perd rapidement, solliciter des contributions suppose une adhésion forte. Or, celle-ci semble vaciller.
Certains observateurs murmurent, non sans ironie, que ces appels répétés pourraient surtout consolider la poche des décideurs plutôt que celle du militantisme de terrain. Car au fond, rien de nouveau sous le soleil : l’ANC a toujours fonctionné à la contribution populaire. La différence, aujourd’hui, c’est que la base paraît moins disposée à « mettre la main à la poche ».
L’alternance a un coût, dit-on. Encore faut-il qu’elle fasse encore rêver. À défaut, la quête risque de devenir un test grandeur nature : celui de la survie politique d’un parti en quête… de crédibilité.
Le défenseur






