Le marché international du café et du cacao traverse une phase de retournement marquée, après les sommets historiques atteints en 2024. Depuis le début de l’année 2025, les deux produits d’exportation évoluent dans un contexte de forte volatilité, dominé par une baisse sensible des cours du cacao et une instabilité persistante pour le café.

Sur le marché mondial, le cacao a connu une chute spectaculaire de ses prix entre janvier 2025 et janvier 2026, passant de niveaux supérieurs à 8 000 dollars la tonne à environ 4 300 dollars fin janvier 2026. Cette baisse s’explique par l’amélioration des perspectives de production en Afrique de l’Ouest et par l’anticipation d’un excédent mondial pour la campagne 2025/2026, après une période de pénurie extrême. À l’inverse, le café reste soutenu par des déficits structurels de production, malgré des épisodes de détente liés à de meilleures prévisions ponctuelles.
En Afrique, la fixation des prix aux producteurs dépend du système de commercialisation adopté. Dans les pays à monopole d’État comme la Côte d’Ivoire et le Ghana, les prix sont fixés annuellement et stabilisés par des mécanismes de compensation. Dans les pays à filières libéralisées, dont le Togo, les prix sont directement indexés sur les cours internationaux et publiés périodiquement.
Au Togo, la libéralisation des filières café et cacao vise à garantir une meilleure rémunération des producteurs tout en responsabilisant l’ensemble des acteurs. Le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC) joue un rôle central en publiant tous les quinze jours des prix indicatifs destinés à protéger la marge des producteurs et à orienter les transactions sur le terrain.

Dans ce contexte, le CCFCC a tenu ce mardi 03 février 2026 à son siège à Lomé une rencontre d’échanges avec les professionnels des médias et les membres de la commission technique, afin de mieux expliquer le fonctionnement du système de fixation des prix, les mécanismes du marché libéralisé et les enjeux liés à la conjoncture internationale.
Cette séance d’information a permis de clarifier les différences entre prix indicatifs et prix bord champ, ainsi que les risques de spéculation en période de baisse des cours.

Pour la seconde quinzaine de janvier 2026, les prix indicatifs sont fixés à 1 530 FCFA/kg pour le café et 1 885 FCFA/kg pour le cacao. Les prix pratiqués sur le terrain restent globalement compatibles avec les coûts de production et ne traduisent pas, à ce stade, une crise des filières qui circule sur les médias. Il s’agit plutôt d’un signal d’alerte invitant les acteurs à plus de prudence et à une meilleure structuration des stratégies de mise à marché.
Le CCFCC réaffirme son engagement à accompagner les producteurs, acheteurs et exportateurs, en mettant à disposition des données fiables et en renforçant la communication, conformément aux plans de développement des filières adoptés en 2024. Au Togo, le message est clair : le secteur tient bon, mais la vigilance est de mise face aux évolutions rapides des marchés mondiaux.
Le défenseur






