L’extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba vers le Burkina Faso marque un tournant politique, judiciaire et symbolique majeur en Afrique de l’Ouest.
Confirmée officiellement par les autorités togolaises, cette décision, prise dans le strict respect des procédures légales et des engagements internationaux, met fin à plusieurs mois de spéculations autour du sort de l’ancien président burkinabè, renversé en 2022 et depuis réfugié à Lomé.
Dans un communiqué daté du 19 janvier 2026, le gouvernement togolais, par la voix du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains, a rappelé que cette extradition faisait suite à une demande formelle des autorités judiciaires du Burkina Faso, introduite le 12 janvier 2026. Après examen approfondi de la régularité de la requête, les autorités togolaises ont jugé celle-ci conforme aux règles de droit en vigueur.
Arrêté le 16 janvier 2026 à Lomé en exécution d’un mandat d’arrêt burkinabè, Paul-Henri Damiba est poursuivi pour de lourdes accusations : détournement de fonds publics, enrichissement illicite, corruption, incitation à commettre des crimes, recel aggravé et blanchiment de capitaux. Le même jour, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Lomé a tenu une audience publique et rendu un avis favorable à l’extradition, sur la base de garanties formelles apportées par le Burkina Faso, notamment le respect de l’intégrité physique de l’accusé, la tenue d’un procès équitable et l’exclusion de toute peine de mort.
C’est dans ce contexte que la voix de Nathalie Yamb a résonné avec force sur les réseaux sociaux. Militante panafricaine et figure engagée de la défense de la souveraineté africaine, l’activiste suisso-camerounaise n’a pas mâché ses mots dans une publication sur X. « Il voulait à tout prix revenir au Burkina. C’est chose faite. Pas comme président, mais comme prisonnier », a-t-elle écrit, saluant explicitement le rôle joué par le président togolais, Faure Gnassingbé, dans ce dossier sensible.
Au-delà de la formule percutante, l’écrit de Nathalie Yamb traduit une lecture politique claire : celle de la fin de l’impunité pour les auteurs de déstabilisation institutionnelle et de trahison des États africains. En appelant à ce que « toute la rigueur de la loi s’applique » et en exigeant « zéro pitié, zéro clémence », elle inscrit l’affaire Damiba dans un combat plus large pour la responsabilité, la justice et la dissuasion face aux coups de force militaires.
L’extradition effective de Paul-Henri Damiba, le 17 janvier 2026, apparaît ainsi comme un signal fort envoyé à l’opinion publique régionale : les refuges politiques ne sont plus des sanctuaires d’impunité, et la coopération judiciaire entre États africains peut prévaloir sur les calculs politiques. Entre rigueur juridique et portée symbolique, ce dossier pourrait bien faire jurisprudence, tout en alimentant un débat continental sur la gouvernance, la souveraineté et la redevabilité des dirigeants.
Dans cette affaire, le droit a parlé, la politique observe, et les peuples attendent désormais que la justice aille jusqu’au bout.
Le défenseur






